Lectures pour la Palestine

Voix pour la Palestine • deux lectures pour Gaza

Qu’est-ce qu’on peut dire ? C’est pas de la science-fiction. Et pourtant. Alors au moins faire circuler la voix des palestiniens dans l’espace francophone.

Musique 1 : Une mise en voix de Lynna Dib (cylrs3anijw) d’un poème de Mahmoud Darwich

1er texte lu : extrait du journal de Plestia Alaqad, journaliste gazaouie https://www.instagram.com/p/Cy-lCL8LA...

2e texte lu : Une lettre d’amour au camp de Jabaliya de Tamer Ajrami, « A love letter to Jabaliya », The Electronic Intifada, 4 novembre 2023, ici traduit par la revue Ballast https://www.revue-ballast.fr/une-lett...

Image : By Ayman Baalbak https://www.instagram.com/p/CzQyf9ZMr...

Que faire ? des pistes - et pourquoi pas ? - https://lundi.am/Strategies-de-solida... // des liens - https://mailchi.mp/alkamandjati/news-... // de la lecture : https://lundi.am/Entre-la-mer-et-le-mur // sur Insta suivez Rima Hassan @rimamobarak


Ce que dit Deleuze de la revendication des palestiniens, à savoir devenir ce qu’ils sont, c’est-à-dire un peuple tout à fait « normal », se trouve justement et superbement dit par leurs poètes, par exemple Mahmoud Darwich. Peut-être s'agit-il d'ailleurs moins d'une revendication que d'une pure affirmation : nous aussi, nous aimons la vie. Nous "aussi", traduit Elias Sanbar, comme pour dire que cette affirmation est pluraliste plutôt que dialectique ou prédatrice – et ce bien qu'elle puisse passer par des armes. Ce qui frappe dans la double intervention de Deleuze, c'est l'extrême proximité d'avec la situation présente. On serait pas loin de se plaindre, complètement désespéré : est-ce que quelque chose pourrait changer au-delà des gueules des ministres et des bouffons sur les billets ? (®FF)
Deleuze n'est pas beaucoup intervenu dans la presse. Mais il voyait bien l'importance du paradigme Israël-Palestine pour les expérimentations politiques du Nord aussi. L'israélisation de la société française, encouragée par ses forces réactives et voulue par une part de sa population fatiguée, est en passe de s'achever à la suite d'une longue histoire de dons et contredons en matière d'administration des petites terreurs intimes. Ce qui frappe encore dans cet intérêt porté au modèle israélien vu d'ici, c'est l'extrême solitude des palestiniens. Les palestiniens sont absolument seuls. Car on peut dire qu'on est Gaza, on peut dire qu'on est « tous les cris des bêtes de la nuit », et tous les réfugiés, et tous les enfants morts. Mais cela est faux. Gaza est seule, qui souffre. Et récolte les morts. C'est là encore sa « leçon sauvage » dont parle Darwich. Elle qui apporte tant au monde quand elle crie seule au jour : parce que nous aimons la vie, nous voulons la chute du monde.

Musiques : Dal'ouna, @ramzi.aburedwan, et surtout l'hommage collectif à Darwich disponible ici : Mahmoud Darwich
Poèmes de Darwich traduits par Sanbar : Nous aussi, nous aimons la vie ; Sur cette Terre ; La terre nous est étroite.

La dernière musique est une composition à partir du « Lanceur de dés » de Darwich, composée et arrangée par @ramzi.aburedwan, ici dite par Amer Hlehel (chants de Nai Barghouti) : Le lanceur de dés - انتظرها لاعب النر...

Atelier Oncleo, Automne 2023.