Ici et ailleurs les vies se soutiennent

Pour la troisième fois Gaza est intégralement coupé du monde. Pas d’internet, pas de télécommunication. Journal, 4 novembre 2023.

 

Emmanuel Moreira
Ici et ailleurs les vies se soutiennent
Emmanuel MoreiraIci et ailleurs les vies se soutiennent

 

Introduction et lecture d'extraits du journal ouvert au début du mois d'octobre, de Darwich et quelques réflexions en continuité du texte « Ici et ailleurs les vies se soutiennent » (https://trans-planet.org).

Le travail d'enquête pour redonner noms, visages et récits aux vies perdues, révèle plusieurs choses dont le chiffre des morts sous les bombardements à Gaza ne peut rendre compte.

À mesure que le nombre de victimes sous les bombes à Gaza augmente - plus de 8000 morts en quelques jours - on voit se former un doute sur les réseaux, mais aussi dans les grands médias, concernant les vies palestiniennes perdues. Ce doute énonce que ces vies perdues pourraient ne pas l'être puisque le nombre de victimes sous les bombes israéliennes ne pourraient être vérifiées. Ce caractère invérifiable relève moins d'une vérité que d'une partialité et d'une inégalité sous-jacente dans la manière dont les journalistes considèrent leurs sources fiables ou non.1 L'invérifiable et le doute qui en découle quant au nombre de victimes contribue à forger l'idée que les vies perdues ne le seraient pas, qu'elles n'auraient jamais existé. Un tel narratif, n'est possible qu'à la condition de s'en tenir au chiffre, qu'à la condition de réduire la perte à un chiffre, puis de faire de ce chiffre un invérifiable. Les journalistes ont une responsabilité éthique et morale dans le drame qui se joue actuellement à Gaza. Une responsabilité qui consiste à ne pas s'en tenir qu'au chiffre mais à donner un nom, un visage, un récit aux vies perdues. Témoigner des vies perdues, tel devrait être leur responsabilité morale et éthique.

Lectures pour la Palestine, 6/11/2023.